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    Regard sur l'art chrétien...

     

    Et passent les heures...

     

    (image internet)

     

     

     

    N'oublions pas ! le changement d'heure, c'est aujourd'hui !

     

    Dans la nuit de samedi à dimanche, nous avons passé à l’heure d’été.

     

    Ce changement d’heure marque l’arrivée des beaux jours en confinement... hélas !

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le Christ chez Marthe et Marie

     

    Quel bonhomie chez les peintres du Moyen-Âge ! La table est dressée pour un bon repas, servi en l'honneur de Jésus et de ses disciples.

     

    Le Christ, assis à droite sur une escabelle, parle à Marie qui est, elle, assise par terre à ses pieds, et l'écoute les yeux fermés, dans une posture méditative et concentrée. Marthe, à gauche en robe turquoise et tablier blanc de ménagère, apporte un grand plat de viande. Son visage est avenant et souriant. Sur la grande table soigneusement recouverte d'une nappe, sont posés des assiettes et gobelets en étain, des couteaux et une aiguière d'étain . Au centre, à droite du Christ, un homme âgé et un plus jeune peuvent être saint Pierre, et soit saint Jean, soit Lazare, frère de Marthe et Marie. Il semble discuter de sujets sérieux, et peut-être commentent-ils les paroles de Jésus.

     

    De dos, au premier plan, deux autres disciples sont très occupés à vider leur assiette avant l'arrivée du prochain plat. Ce n'était certainement pas chaque jour que les apôtres pouvaient faire telle bombance ! Le réalisme médiévale est souvent savoureux.

     

    Le Christ et Marthe tiennent chacun un phylactère, bandelette du culte israélite sur laquelle sont inscrits des passages de l'Ecriture, qui sont devenues dans l'art médiéval d'Occident des banderoles où figurent en latin les paroles prononcées par les personnages. Jésus répond à Marthe, bien qu'il regarde Marie. Il manifeste son affection à chacune des deux sœurs, et accorde sa bénédiction aussi bien à la vie active qu'à la vie contemplative. Le peintre a voulu montrer que la maison des amis de Jésus était accueillante, et que le Seigneur y trouvait repos, réconfort et amitié.

     

    Léonard Scherhauff von Brixen, peintre tyrolien, est encore dans le courant que l'on nomme gothique international.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     


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    Jeudi dernier, le 19 mars, c'était la fête de Saint Joseph.

     

    Pour lui rendre hommage je vous propose ce magnifique tableau de Georges de La Tour.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Avec l'apparition de l'ange à saint Joseph, Georges de La Tour a peint là un de ses plus parfait clair-obscur.

     D'une profondeur inégalé, cet œuvre nourrit comme nulle autre la vénération que mérite le charpentier de Nazareth.

     

    Un contraste oppose et unit l'enfant qui tient le rôle de l'ange (sans ailes, mais chacun comprend qu'il est un ange), dont le pur profil est brillamment éclairé par la flamme placée au centre, mais cachée par son bras, au vieillard dans la pénombre, accablé de sommeil et de chagrin. L'enfant, très grave, déploie en une gracieuse arabesque sa main qui explique et persuade avec assurance : Il sait ce que le patriarche ignore encore, il lui apporte la certitude, la vertu théologale de foi et la vertu cardinale de force. Et aussi, de manière plus humaine, le réconfort. La main de l'ange représente la Grâce divine qui vient au secours du croyant dans la nuit et le doute.

     

    La Tour aime souligner ce paradoxe de l'enfance qui apporte révélation et don de science à la vieillesse. Joseph, chargé d'ans, a certes une certaine expérience, mais cet ange, créature spirituelle, en sais infiniment plus que lui sur le passé et l'avenir, sur le Plan de Dieu et sur la véritable nature de l'Enfant de Marie.

     

    Lequel des trois songes de Joseph est représenté ici ? Aucune indication n'est donné par le peintre, c'est au spectateur de choisir.

     

    L'entière disponibilité de Joseph à la volonté de Dieu est marquée par sa main près de l'oreille : Bien qu'assoupi, il est à l'écoute de la Parole. Sa foi et sa bonne volonté son souligné par la Bible ouverte sur ses genoux, un doigt marquant encore la page.

     

    C'est au XVIIe siècle que l'on a vraiment découvert la dévotion à saint Joseph. De nombreux tableaux, spécialement français mais aussi espagnol et ibéro-américain, représente celui qui fut si proche de Jésus. Au Moyen-Âge il était considéré comme le dernier patriarche de l'ancienne loi plus que comme un saint à part entière, et il n'avait même pas toujours d'auréole. C'est Thérèse d'Avila au XVIe siècle, qui a commencé à prier saint Joseph. ET au siècle suivant, on pris conscience que la personne la plus proche de Jésus, après Marie, avait été Joseph, et qu'il était fructueux de se rapprocher de ce grand priant silencieux, toute sa vie au service de la Mère et de l'Enfant, avec discrétion, efficacité et diligence, sans jamais se mettre en avant.

     

    Notre tableau est contemporain des nocturnes les plus célèbres de de La Tour. Le peintre a dépassé la cinquantaine et vient de quitter Nancy où il s'était réfugié, et de rentrer dans sa ville de Lunéville, en ruine après l'atroce et sanguinaire guerre de Lorraine. La flamme dans la nuit, encore cachée au regard du spectateur, représente, en 1645 comme aujourd'hui, l'espérance chrétienne au cœur de l'épreuve, les deuils et les épidémies ayant jalonnées la vie du peintre.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     


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    Vincent Van Gogh est plus connu pour ses « tournesols », sa « nuit étoilée » et ses autoportraits, que pour ses peintures religieuses.

     

    Ces œuvres religieuses existent pourtant, mais il s’agit essentiellement de copies d'œuvres d'autres peintres, d’où le peu d’écho qu’elles ont reçues.

     

    Mais je trouve ses copies fort belles !

     

    Livia

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Autoportrait au chapeau de feutre

     

    C’est un paradoxe de plus pour cet artiste au talent reconnu mais pas pour ses œuvres religieuses. Jeune homme, doté d’une profonde spiritualité, Vincent Van Gogh a voulu devenir pasteur protestant, comme son père et son grand-père. Mais il échoue dans cette vocation, et il demande alors à son frère Théo : « Comment puis-je être utile au monde ? Ne puis-je pas servir quelque chose et être utile ?»

     

    Il finira par trouver la réponse et sa vocation dans l’art. Étonnamment, il ne met pourtant jamais son zèle religieux dans la peinture de ses jeunes années. Et ce n’est qu’à la fin de sa vie, alors qu’il est admis dans un asile, qu’il se mettra à peindre des sujets religieux, en copiant les grands maîtres reconnus, avant de mourir le 29 juillet 1890.

     

    Ainsi, ses interprétations des œuvres de Delacroix et de Rembrandt sont les seuls tableaux véritablement religieux qu’il n’a jamais exécutés.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La Pieta

     

    (inspirée de Delacroix)

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La Résurrection

     

    (inspirée de Rembrandt)

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'ange

     

    (inspiré de Rembrandt)

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le bon Samaritain

     

    (Inspiré de Delacroix)

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Regard sur l'art chrétien...

     

    Les deux petits saints étrangers

     

     

     

    Le monastère copte orthodoxe de saint-Antoine en Egypte, près de la Mer Rouge, conserve dans sa plus ancienne église un trésor : ces parois entièrement revêtues de peintures des VIe et XIIIe siècles, est spectaculairement restauré.

     

    Parmi elles, les saints Maximos et Donadios, fêtés le 25 janvier dans le calendrier copte, sont peints à sec, et non à la fresque sur l'un des murs. Ils sont figurés en pieds (ici, la partie supérieure) et à taille humaine, environ un mètre soixante dix. Le Christ apparaissant à mi-corps, bénit deux jeunes anachorètes, celui de gauche un peu plus âgé que celui de droite.

     

    Maximos et Donadios, étaient frères et vivaient au VIe siècle. Fils de l'empereur d'Occident Valentinia Ier, ils sont chrétiens et aspirent dès leur enfance à mener angélique, c'est-à-dire à être moines, et partent rejoindre en Egypte saint Macaire le grand disciple de saint Antoine.

     

    Tous deux font l'objet d'un des plus célèbres apogthème, (sentence spirituelle et histoire édifiante) des Pères du désert, celui des petits étrangers raconté par Macaire lui-même.

     

    Les formes rondes et géométriques sont la caractéristique du style copte. L'auréole donne la mesure du corps, car une personne vaut par sa sainteté, c'est-à-dire la qualité de sa relation à Dieu et au Christ.

     

    Notre œuvre fut réalisée en 1232, par le peintre Théodore, qui a signé et daté ses peintures.

     

    Le monastère Saint-Antoine est un des plus anciens au monde. Fondé vers 305 par le saint, il a toujours été en activité, et plus de 120 moines y vivent aujourd'hui dans la spiritualité des Pères du désert.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     

     

     

    Blog en pause

     

    Petites vacances en famille

     

    A bientôt

     

    Livia

     


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    Saint Luc peignant la Vierge

     

     

     

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    Une tradition rapporte que saint Luc, l'évangéliste, bénéficia d'une apparition de la Vierge Marie avec l'Enfant Jésus, et qu'il peignit la première icône.

     

    Il est depuis le XIVe siècle le saint patron des peintres et celui de leur corporation. Plusieurs sanctuaires se flattent de proposer cette icône à la vénération des fidèles. Toujours est-il qu'au XVe siècle, les peintres et les sculpteurs aimaient représenter cette apparition.

     

    Luc (serait-ce un autoportrait de l'artiste Rogier van der Weyden?) vêtu d'écarlate, coiffé du bonnet de cuir des peintres du Moyen-Âge, plie le genou devant la Mère de Dieu qui allaite l'Enfant sous un somptueux dais de brocart, comme pour une reine ou une noble Dame. Elle est magnifiquement vêtue, avec les teintes inhabituelles dans la peinture flamande : robe et manche de brocart brodés d'or ainsi que de rubis et saphir, sur robe de satin violet sombre doublé de petits gris, fourrure d'écureuil gris très utilisée au Moyen-Âge, et voile bleu foncé.

     

    Il faut cependant noter qu'elle est assise non sur le siège du trône, mais sur son marche-pied, presque par terre. Il s'agit donc d'une Vierge d'humilité, thème très aimé en Flandres au XVe siècle et inspiré de l'évangile de Luc ; c'est une médiation sur le réalisme de l'Incarnation, Dieu s'est vraiment fait homme. Le petit Jésus est un vrai bébé, rieur et espiègle. Marie est à la fois notre reine et une simple femme.

     

    Luc est en train de dessiner la Mère et l'Enfant à la pointe d'argent sur un morceau de parchemin.

     

    L'Apparition se déroule dans un palais bien différent de ce que pouvait être l'atelier d'un peintre médiéval. Deux colonnettes de marbre donnent accès à un jardin au deuxième plan, puis sur un paysage fluvial. Sur la rive droite se dresse un château de briques et d'ardoises. Sur la rive gauche le peintre à représenté une rue de Tournai, sa ville natale, avec ces maisons de pierres, briques ou bois.

     

    Appuyé au mur crénelé du jardin, un couple, peut-être Anne et Joachim, contemple le panorama.

     

    Derrière Luc, une porte entrebâillée laisse entrevoir son atelier ; sous le pupitre est couché son emblème comme évangéliste : le taureau.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     


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