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    « Il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait placé tous ses sous ses pieds. »

     

    1 co 15, 25

     

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    Comme l'affirme le Symboles des Apôtres, Jésus, avant sa résurrection, est descendu aux enfers libérer les justes de l'Ancienne Loi. Nimbé d'or , Il arrive dans un gouffre noir habité par un diable hideux. « Anastasis » veut dire résurrection en grec. Les orthodoxes représentent peu le Christ sortant du tombeau.

     

    Environné d'une mandorle de lumière symbolisant sa divinité, le Christ marche sur les portes des enfers qui sont arrachées, cassées, dégondées et déverrouillées, les cadenas sont éparpillés : la mort est vaincue, Il est vraiment ressuscité des morts. Il est le roi des rois sur la terre, au ciel et dans les enfers. Il est selon saint Paul (lettre aux romains), le nouvel Adam, qui rachète par sa mort et sa résurrection le péché originel. Il attrape par le poignet et non par la main les deux vieillards Adam et Eve ; ce détail montre qu'il n'y a pas d'initiative de leur part, qu'ils sont rachetés par la miséricorde divine.

     

    A droite, quatre roi, dont David et Salomon. A gauche, Jean-Baptiste, Moïse, Zacharie et d'autres prophètes sont délivrés eux aussi. Tous portent des auréoles drées. Jean-Baptiste leur montre le Messie : « Voici l'Agneau de Dieu ».

     

    Cette icône est l'œuvre de Youssef Musawwir, un prêtre melkite syrien iconographe, qui est le fondateur de la brillante Ecole d'Alep au XVIIe siècle. Il a écrit en 1645 l'icône : La Descente du Christ aux enfers ou Anastasis. Les icônes syriennes sont les plus remarquables des icônes arabes.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le Christ est le seul personnage de l'iconographie qui ait le droit d'avoir une croix dessinée sur son auréole, ainsi que des lettres grecques Ο ῼN (« le étant » en grec).

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    C'est toujours Adam que le Christ tire des enfers en premier. En effet, le Christ est le nouvel Adam, qui a racheté par sa mort et sa résurrection le péché originel.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Deux anges en haut portent les instruments de la Passion. Celui de droite vêtu d'une tunique orange, tient la croix du Christ avec les mains voilées dans sa toge en signe de respect.

     

     

     

    Cette icône est elle aussi visible jusqu'au 14 janvier 2018 à l'Institut du monde arabe à Paris, dans l'exposition « Chrétiens d'Orient 2000 ans d'histoire »

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    « Un ange parmi ceux qui se tiennent devant la gloire du Seigneur, fut envoyé dire à la Mère de Dieu :  Réjouis-toi ! »

     

    Hymne acathiste

     

     

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    L'art syrien chrétien est l'un des plus anciens du monde, avec la peinture des catacombes de Rome et l'art copte en Egypte, dès le IIIe siècle. Les icônes arabes d'Alep sont réputées, et celle-ci a été peinte par Youssef al Musawwir, un iconographe syrien d'Alep, entre 1650 et 1667. Cet iconographe est d'un prêtre melkite, appartenant à une lignée de peintres d'icônes du XVIe au XVIIIe siècle. Il est connu pour certaines innovations iconographiques.

     

    L'icône comporte vingt-quatre scènes correspondant au vingt-quatre stances de l'hymne. Youssef a ajouté au centre, ce qui est original, le roi David (auteur des psaumes) jouant du luth. La partie narrative commence en haut par les trois étapes de l'Annonciation, de l'Incarnation et de la Visitation. Au deuxième registre, l'incertitude de Joseph, l'Annonce aux bergers, la Nativité, l'Adoration et le retour des mages à Babylone. Au troisième, la Fuite en Egypte, la Présentation au Temple, David. Puis vient la partie théologique, qui est une méditation sur la mystère de l'Incarnation.

     

    L'Hymne acathiste à la Mère de Dieu fut composé en 1626 à Constantinople par Romanos de Mélode. Chaque verset commence par « Réjouis-toi ». Acathistos en grec signifie « non assis », car il doit être chanté debout. Très usité dans la liturgie orthodoxe, ce trésor de poésie et de spiritualité a été découvert assez récemment par certaines communautés et sanctuaires catholiques.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Marie et l'Enfant, montés sur la mule blanche et escortés par saint Joseph, entrent à Babylone d'Egypte, appelée aujourd'hui le Caire, où ils vont faire étape avant de partir vers le sud.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La Vierge porte une torche (c'est le Christ), dans la caverne de notre cœur. « Nous contemplons dans la Vierge sainte le flambeau qui a porté la lumière véritable dans les ténèbres. »

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le Christ déchire un parchemin en deux, représentant le péché originel.

     

    « Il a voulu faire grâce des anciennes dettes à tous les hommes, déchirant leur billet de créance. »

     

     

     

    Cette icône de l'Hymne acathiste est présentée jusqu'au 14 janvier 2018 à l'institut du monde arabe, à Paris, dans l'exposition « Chrétien deux mille ans d'histoire ».

     

    Elle appartient à une collection particulière de Londres.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     


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    « Il s'est penché sur son humble servante : désormais tous les âges me diront bienheureuse. »

     

    Magnificat

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    La Vierge orante est une enluminure syriaque de 1054, peinte par « Petros, fils du grand prêtre Gabriel » sur un évangéliaire en parchemin, et représentée jusqu'au 14 janvier prochain à l'Institut du monde arabe dans l'exposition « Chrétiens d'Orient, 2000 ans d'histoire ».

     

     

     

    La Mère de Dieu, debout en prière, tient un rouleau de parchemin, sur lequel est écrite en grec la prophétie d'Isaïe annonçant la venue du Messie né d'une vierge.

     

    De part et d'autre de sa tête sont inscrites en lettres d'or les lettres grecques obligatoires sur les icônes de la Vierge : MP (mu ro, c'est-à-dire MR) OY (théta upsilonn, c'est-à-dire TH U.) Soit la première et la dernière lettre des mots Méter Théou (la Mère de Dieu).

     

    La Vierge porte le grand voile noir courant dans l'art byzantin. L'étoile ou croix sur son front rappelle le dogme de sa virginité perpétuelle, très important chez les catholiques comme chez les orthodoxes.

     

    Ce qui frappe dès le premier regard dans cette belle enluminure, c'est la couleur intense du fond bleu, peint avec du lapis-lazuli en poudre, une pierre très précieuse et plus chère que l'or, utilisée dans l'art liturgique. Il est rare qu'une enluminure soit peinte sur fond bleu. Cette couleur, associée en Occident à la Vierge Marie, symbolise en iconographie l'humanité du Christ. La Mère de Dieu est debout sur un sol vert peint avec du jade en poudre, autre pierre dure semi-précieuse.

     

    Cette enluminure est comme une petite icône.

     

    L'art syriaque des premiers siècles est l'un des premiers arts chrétiens au monde, avec l'art d'Egypte dès le IIe siècle, et l'art des catacombes de Rome. IL est très bien mis en valeur dans l'exposition.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Marie est toujours perpétuellement vierge c'est exprimé par l'étoile en forme de croix brodée sur son voile.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La main levée de la Vierge est le geste de la prière dans l'Antiquité chrétienne, qui est resté dans les églises orientales.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le parchemin reprend le prophétie « du Signe » d'Isaïe au chapitre 7, verset 13 et 14.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    « Cet Evangile, vous l'avez reçu. »

     

    1 corinthiens 15, 1

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

     

    La page d'introduction à l'évangile de saint Luc est une des sompteuses enluminures du très célèbre Book of Lindisfarne ou Lindisfarne Gospels (évangéliaire de Lindisfarne), de la fin du VIIe siècle (vers 698), conservé à la British Library de Londres.

     

    Saint Luc, un bel homme jeune, est assis sur un riche siège pour écrire son évangile sur un rouleau de parchemin sous la dictée de son emblème le taureau, un des quatre vivants du Tétramorphe dans le livre d'Ezéchiel et dans l'Apocalypse « le deuxième vivant est comme un jeune taureau », avec l'homme, le lion et l'aigle. IL est le symbole de Luc, car il commence son évangile par le sacrifice de Zacharie, père de Jean Baptiste.Mais aussi de la patience et du Christ en sa Passion.

     

    Ce manuscrit fut réalisé au prieuré de Lindisfarne (en ruines depuis la Réforme protestante au XVIe siècle), sur une petite île au nord-est de l'Angleterre , Northumberland. Il fut fondé en 635. Le VIIe siècle est l'époque où il se déploya dans les monastères, et tout particulièrement dans ceux de l'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, nouvellement converties au christianisme, l'art de l'illustration des manuscrits par enluminure pré-carolingienne.

     

    Les autres manuscrits les plus célèbres et les plus remarquables de cette époque sont : « Le Livre de Kells et Le Livre de Durrow », tous deux irlandais et conservés à Dublin. Un exemple de l'art étrange, à la fois sauvage et raffiné, de ces pays récemment convertis.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'évangéliste au beau visage dont le nom est écrit en grec, mais en caractères latins : « Agios Lucas »

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le taureau ailé du Tétramorphe tient entre ses pattes l'évangile de Luc, un codex relié. Il est auréolé comme le saint.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'évangile de Luc est écrit sur u rouleau de parchemin ou papyrus un volumen.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     


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    « Béni sois-tu Seigneur en l'honneur de la Vierge Marie. »

     

    Cantique

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    La Nativité de la Vierge, fut peinte voici plus de trois cent soixante-dix ans par Le Nain pour Notre-Dame de Paris. L'œuvre est actuellement attibuée à Louis, deuxième de la fratrie et un grand génie du trio.

     

    Dans une cour intérieure solennel avec tentures et colonnes, une nourrice s'apprête à donner le sein à un nouveau-né, la petite Marie, vers qui descend la lumière céleste. Joachim, très ému, est assis à côté et contemple sa fille avec émerveillement. A l'arrière-plan, sainte Anne est allongée dans son lit entourée par deux jeunes femmes.

     

    Les anges sont spécialement touchants. « Le Nain, dans un charmant tableau, montre des anges s'approchant de la jeune Vierge qui vient de naître : l'un deux lève la main vers le ciel, d'où semble provenir cette miraculeuse enfant, l'autre fait chauffer ses langes », écrivit le grand historien de l'art religieux Emile Mâle en 1932.

     

    IL est très difficile de distinguer le style des trois frères Le Nain, Antoine, Louis et Mathieu car ils travaillaient dans le même atelier et signaient Le Nain ou Lenain sans prénom. Ils sont célèbres pour leurs admirables tableaux paysans, mais ils ont également peint plusieurs œuvres religieuses. Celui-ci, dans sa simplicité qui ne manque pas de grandeur, incite le spectateur à méditer sur le mystère de l'Incarnation qui est en préparation.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le vieux Joachim, appuyé sur une canne, ne se lasse pas de contempler sa merveilleuse fille qui vient de naître, par une intervention divine.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Un délicieux petit ange, agenouillé devant la cheminée, fait tiédir le lange qui va bientôt envelopper Marie.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Deux anges, un brun et un blond, se penchent pour contempler Marie et commentent avec animation ce moment prodigieux de l'Histoire du Salut.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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