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    « Joseph prit de nuit l'enfant et sa mère et se retira en Egypte.

     

    (Mathieu 2, 14)

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La Fuite en Egypte est un panneau d'un polptyque du XIIIe siècle peint par un anonyme ombrien

     

    Galerie de l'OMbrie à Pérouse en Italie

     

     

     

    Joseph porte Jésus âgé de 2 ans sur ses épaules, Marie est sur l'âne mené par un jeune homme. Jésus bénit l'Egypte, tandis qu'ils arrivent dans une ville fortifiée.

     

    Les traditions coptes du trajet de la Sainte Famille en Egypte indiquent qu'en Moyenne Egypte, ils furent rejoints par un cousin de Joseph, Ioussa, qui mourut au point le plus méridional de leur périple, au nord d'Assiout. Un important monastère, Deir el Moharraq, y prospère depuis le IVe siècle. On y vénère un autel qui accomplit la prophétie « Au milieu du pays d'Egypte, j'aurai un autel » (Isaïe 19), car il est au centre géographique du pays. Après un séjour de quelques mois, l'ange apparut à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends l'Enfant et sa mère, et reviens au pays d'Israël. »

     

    Jésus sur les épaules de Joseph est une scène typiquement égyptienne de l'Antiquité à nos jours, que l'on trouve sur les icônes coptes. Cette tradition, rare en Europe, est passée par Constantinople et se retrouve dans les mosaïques byzantines de Sicile et les fresques orthodoxes en Roumanie. L'influence byzantine est perceptible dans le fond d'or du tableau qui rappelle les icônes, dans les plis dorés du voile de Marie, et l'architecture.

     

    Jésus est vêtu d'une tunique rouge qui symbolise sa condition divine en référence à la pourpre impériale et à la Rédemption en référence à la couleur du sang.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Selon les traditions des chrétiens d'Egypte remontant au 1er siècle, l'Enfant Jésus avait 2 ans à son arrivée en Egypte, et 6 ans lors du retour de la Sainte Famille.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'âne est une constante des représentations de la fuite en Egypte, aussi bien en Orient qu'en Occident.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Les bâtiments sont de style byzantin et les couleurs somptueuses : pourpre, bleu lapis, bleu lavande, amarante, rose, écarlate.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     


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    Le jeudi 2 février c'était : la Présentation de Jésus au Temple...

     

     

     

    « Maintenant, Ô Maître souverain, Tu peux laisser ton serviteur s'en aller, en paix, selon ta parole . »

     

    Cantique de Syméon

     

     

    Regard sur l'art chétien...

    La Présentation de Jésus au Temple

     

     

     

    Quel beauté dans ce grand tableau peint vers 1636 par Guido Reni pour une chapelle de Modène, en Emilie. La purification de la Vierge !

     

    Le sujet se confond avec la Présentation de Jésus au Temple, mais portait souvent ce titre dans les siècles passés. Il est au Louvre depuis 1797, comme d'autres œuvres d'art pillées par les français pendant la campagne d'Italie de Bonaparte.

     

    Guido Reni est Bolonais, il est le plus grand peintre du courant classique au début du XVIIe siècle à Rome et à Bologne. Admirateur de Raphaël, il adapte au XVIIe siècle le style de la Renaissance. Le classicisme expurge toute laideur et vulgarité, les personnages sont nobles et doux mais sans mièvrerie. L'atmosphère est toute paix, de force spirituelle et de sérénité.

     

    Le regard est attiré immédiatement par Marie, au centre de la composition, au profil très pur de médaille. Sa robe écarlate est la couleur la plus éclatante du tableau, le reste des teintes s'apparentant à des coloris discrets, tels que le jaune pâle, beige, blanc, gris perle ou parme. Le rouge est la couleur de la divinité du Christ : Marie est clairement identifiée comme la Mère de Dieu. Son voile bleu, glissé sur ses épaules et à peine visible, signifie l'humanité du Christ. Ainsi l'Enfant présenté au Temple est-Il révélé comme le Messie.

     

    Syméon le reçoit dans ses bras et entonne le Nunc dimittis.

     

    De jeunes lévites drapés de blanc portent des cierges. Un enfant est fasciné par les colombes offertes par Joseph. Un belle jeune femme, à droite, présente elle aussi des colombes.

     

     

    Regard sur l'art chétien...

    Le classicisme du visage de la Vierge se réfère à l'Antiquité grecque par la pureté des formes et des expressions.

     

     

    Regard sur l'art chétien...

    Le jeune lévite d'une grande beauté, (sorte d'enfant de chœur du culte juif) âgé d'une dizaine d'années au premier plan à gauche, surveille le garçonnet...

     

     

    Regard sur l'art chétien...

    Un garçonnet un peu curieux s'intéresse aux colombes offertes au Temple par saint Joseph et déposées sur la table d'offrandes.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    « Dieu a entendu les cris du petit : debout ! »

     

    Genèse 21,17

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Agar et Ismaël secourus par l'ange (1648)

     

     

     

     

     

    C'est une œuvre raffinée peinte par Eustache Le Sueur. Nous sommes au chapitre 21 de la Genèse. La servante Agar et son fils Ismaël – chassé par Abraham à la demande de Sarah après la naissance d'Isaac, le fils de Sarah – errent dans le désert et vont périr de soif. L'outre qu'Abraham lui a donné, gît par terre, vide. Mais Dieu ne les abandonne pas. « Quand l'eau fut épuisée, elle jeta l'enfant sous un buisson et alla s'asseoir. Elle se disait en effet : « Je ne veux pas voir mourir l'enfant ! »

     

    Agar, au profil grec très pur, s'apprête a se cacher le visage dans un voile pour sangloter ; l'enfant, mourant, est envahi d'une teinte verdâtre de mauvais augure, lorsque apparaît l'age du Seigneur, radieux de beauté juvénile. Il lui indique le point d'eau salvateur (on ne le voit pas il est en dehors du tableau) « Dieu a entendu les cris du petit. Debout ! Dieu dessilla les yeux d'Agar et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l'outre et fit boire le petit. »

     

    Le paysage évoque bien une solitude absolue sans aucun secours humain. Le jour se lève, une douce lumière irise légèrement les légers nuages dans un ciel bleu et d'un jaune très pâles. Le désespoir fait place à l'espérance.

     

    Le Sueur est l'un des meilleurs représentant de « l'atticisme parisien » sous Mazarin, un courant épuré, influencé par Raphaël et l'Antique grecque, aux couleurs claires et lumineuses, qui réconciliait la piété chrétienne et la beauté grecque.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Agar, très belle, a un profil très pur et une coiffure inspirée de la Grèce antique.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'ange, lui aussi évoque la Grèce antique avec son profil classique et la pureté des lignes des drapés et ses ailes d'un blanc immaculé.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Ismaël, fils d'Abraham et d'Agar, grandit au désert avec sa mère et deviendra plus tard un tireur à l'arc.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     

     


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    « Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des œuvres de la lumière. »

     

    Romains 13, 12

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le Sacrifice d'Abel

     

    Charles Mellin

     

     

     

    Illustrant ce célèbre épisode du chapitre 4 de la Genèse, ce tableau est conservé au Musé Lorrain de Nancy, dans l'ancien palais des ducs de Lorraine.

     

    Mellin est un lorrain né à Nancy, partit vers 20 ans à Rome et Naples. Il a décoré les églises françaises à Rome, de Saint-Louis-Les-Français et de la Trinité-des-Monts, ainsi que le monastère bénédictin du Mont-Cassin (détruit en 1944). Il était considéré au XVIIe siècle comme le plus talentueux peintre français – alors qu'il était, en fait sujet du duché de Lorraine – à Rome après Poussin. Il fut oublié après sa mort, confondu avec Poussin, puis redécouvert au XXe siècle. Sa touche, ses couleurs et ses compositions sont particulièrement belles.

     

    Dans le Sacrifice d'Abel, les deux fils d'Adam et Eve présentent chacun un sacrifice au Très-Haut. Abel, qui élève des brebis, offre un agneau. Dieu apparaît et, comme Abel est bon et sincère, Il agrée son sacrifice dont la fumée monte jusqu'à Lui. Caïn, qui cultive la terre, offre des épis, des légumes et des fleurs. Mais comme il a le cœur mauvais sans piété véritable, la fumée retombe vers le sol. Caïn, tua alors son frère par jalousie.

     

    Abel est représenté en pleine lumière, éclairé par la lumière divine. IL est jeune, beau et rayonnant d'innocence. Son attitude est celle de l'adoration à la disposition de la volonté de Dieu Caïn au contraire, plus âgé, est sombre, violent et envieux, rongé par la révolte et la jalousie.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le Père Eternel est représenté par Mellin un peu comme sur la très célèbre fresque de Michel Ange à la chapelle Sixtine, Dieu créant Adam.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Abel est vu comme une préfiguration du Christ dans l'Ancien Testament, mis à mort malgré son innocence. Et l'agneau qu'il offre à Dieu évoque aussi le Christ, Agneau de Dieu.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le caractère farouche, sauvage et méchant de Caïn est bien figuré par Mellin, ainsi que sa haine de son frère, qui va le conduire jusqu'au meurtre.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    « Aujourd'hui, Seigneur, Tu as révélé ton Fils unique aux nations grâce à l'étoile qui les guidait. »

     

    (Messe de l'Epiphanie)

     

     

    Regard sur l'Art Chrétien...

     

     

    Regard sur l'Art Chrétien...

    Retable gothique en bois XIVe siècle

     

    (Artiste anonyme)

     

    Le graphisme de ce peintre anonyme, est d'un raffinement typiquement gothique , influencé par la peinture parisienne de l'époque.

     

    On appelle ce style (né au début du XIVe siècle à la cour du roi de France) le « gothique international » et on le retrouve dans toute l'Europe de l'époque.

     

     

     

     

     

    L'église Sainte Mary à Thornam Parva dans le Sufolk (à l'est de l'Angleterre) possède ce retable gothique en bois peint du début du XIV siècle. Rare exemple d'art médiéval catholique en Angleterre, tout ce que contenait les églises ayant été détruit à la Réforme. Il provenait d'un prieuré dominicain dissous sous Henri VIII, et fut découvert dans les écuries d'un château. On s'est aperçu que le musée national du Moyen Âge à Paris (musée de Cluny), possédait depuis 1864 un devant d'autel frontal, du même artiste anonyme.

     

    Les quatre scènes conservées, sont : La Nativité, La mort de la Vierge, l'adoration des mages et l'éducation de Marie par Sainte Anne. Il manque malheureusement un panneau à gauche qui figurait probablement l'Annonciation.

     

    A la Nativité, l'Enfant n'est pas dans la mangeoire, mais dans les bras de Marie allongée sur un lit façon médiévale, avec saint Joseph âgé assis au pied du lit, et l'âne et le bœuf couchés. A la mort de la Vierge, le Christ vient chercher l'âme de sa Mère sous la forme d'un bébé, en présence des Apôtres réunis. A l'Epiphanie, les trois rois mages sont représentés de race blanche mais avec les trois âges de la vie, comme toujours au Moyen âge.

     

     

    Regard sur l'Art Chrétien...

    Jusqu'au XVe siècle, on représente la Nativité avec Marie couchée et non pas agenouillée.

     

     

    Regard sur l'Art Chrétien...

    Même si l'évangéliste dit qu'il s'agit de trois mages venus d'Orient, la tradition chrétienne les représente toujours comme trois rois.

     

     

    Regard sur l'Art Chrétien...

    Sainte Anne apprenant à lire à Marie est plus fréquemment représentée en sculpture qu'en peinture.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     

     

     


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