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    Le dimanche 20 octobre 2019, Mgr Michel Aupetit a célébré la messe d’ouverture du jubilé du centenaire de la dédicace de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

     

    À cette occasion, il a procédé à la consécration de l’autel de cette église, particulièrement importante dans le monde et dans Paris.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'abside de la basilique du Sacré Cœur Dimanche dernier

     

     

     

    En pénétrant dans la basilique de Montmartre, l'attention est happée par la très impressionnante mosaïque de Luc Oliver Merson. Avec ses 475 m2 c'est l'une des plus grandes au monde.

     

    Elle figure le Christ ressuscité, vêtu de blanc comme à la Transfiguration. Non plus montrant son cœur comme à Paray le Monial, mais les bras grands ouverts et largement étendus pour embrasser tous les hommes, selon les visions qu'en à eues Madame Royer. Son cœur d'or est couronné d'épines en or également. Il est vêtu d'une toge à la façon romaine. Au-dessus on voit la Colombe du Saint Esprit.

     

    L'artiste lui a donné un aspect viril et puissant assez rare dans l'art chrétien. Il a choisi d'utiliser la taille héroïque connue depuis l'Antiquité Egyptienne : les personnages ont une taille proportionnelle à leur importance.

     

    A droite pour le spectateur, l'archange Michel présente au Christ la France agenouillée à côté de lui, vêtue de voiles blancs et figurée comme sainte Geneviève, qui lui offre sa couronne. Juste en dessous, Jeanne D'Arc, en armure, ouvre les bras en contemplant le Christ. A gauche, la Vierge intercède pour l'humanité. En plus petit, le pape Léon XIII offre le monde au Christ et lui consacre le genre humain. Tout à gauche, c'est l'hommage de l'église catholique : Clément XIII institue la fête du Sacré Cœur, Pie IX l'étend à l'Eglise Universelle. Des personnages symbolisent les cinq continents, dont une japonaise au costume très exacte, ce qui touche les touristes japonais qui ont une grande admiration pour cette basilique.

     

    Tout à droite, c'est l'hommage de la France et les origines du vœu national. Le vœu de Marseille lors de la peste de 1720 ; le vœu du Temple prononcé en 1792 par Louis XVI et sa famille, prisonnier bientôt guillotiné ; les généraux de Sonis et de Charette portant la bannière du Sacré Cœur à la bataille de Loigny en 1870 ; puis les initiateurs du vœu national.

     

    Au registre supérieur, se voit à gauche l'Eglise du Ciel, les saints qui ont chanté l'amour du Christ. Et à droite la France du Ciel.

     

    A la base de la mosaïque court l'inscription latine en grandes lettres majuscules, lisibles depuis la nef : « SACRATISSIMO CORDI JESUS GALLIA POENTENS ET DEVOTA ET GRATA » (Au très Saint Cœur de Jésus, la France pénitente, fervente et reconnaissante.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     


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    Laissons-nous conduire vers la Toussaint par la beauté de la fresque du monastère orthodoxe de Voronet, au nord de la Moldavie roumaine, l’un des plus beaux Jugements derniers au monde.

     

     

     

    regard sur l'art chrétien...

    Fresque de l’église Saint-Georges (1488), au monastère orthodoxe de Voronet en Bucovine. 
     

    Partie partie centrale de la fresque du monastère orthodoxe de Voronet, au nord de la Moldavie roumaine, c’est l’un des plus beaux Jugements derniers au monde.

    En bas à gauche de la fresque, nous voyons les élus conduits vers la porte du Paradis par saint Pierre, entraînant Paul par la main. Ils sont suivis par des saints de l’Ancien et du Nouveau Testament mélangés : on reconnaît André, Jean, David et Salomon, Abel, les apôtres… Pierre s’apprête à introduire la clef dans la serrure d’une belle porte dorée, ornée d’une penture de fer forgé en forme de croix. Elle est gardée par un séraphin rouge – le plus haut grade dans la hiérarchie angélique –, armé de deux glaives, un à chaque main. La tourelle rouge à l’entrée du Paradis rappelle nos vitraux français du XIIIe siècle, où la porte du Jardin d’Eden comme celle du Paradis sont toujours rouges, couleur de la Rédemption.

    Du point de vue de la composition, cette forêt d’auréoles dorées est d’une grande beauté. Et le mouvement enveloppant du mur de briques qui enrobe et protège les élus est une belle allégorie de l’amour de Dieu pour les hommes et de sa miséricorde.

    Plus à droite se déroule la mort du juste. Le juste est un adolescent allongé sur le rocher. Il est paisible et s’abandonne à Dieu avec confiance. Il repose en paix, les bras croisés car c’est la fin du combat. Son ange gardien cueille avec sollicitude son âme qui sort de sa bouche comme un minuscule fantôme blanc, à son chevet, le roi David vient l’assister alors qu’il rend son âme à Dieu, il joue de la cobza, le luth moldave du Moyen Âge, en chantant les psaumes dont il est l’auteur, et qu’on psalmodie au chevet des agonisants.

    Voronet – prononcer Voronets – est parfois surnommée « la chapelle Sixtine de l’Orient » ; en effet la Roumanie est en majorité orthodoxe et fait partie de l’Orient chrétien, sinon de l’Orient géographique. La Bucovine, au nord-est de la Roumanie, possède les fameux monastères orthodoxes ornés de fresques intérieures et extérieures, classées au patrimoine mondial de l’humanité. Chacun a une couleur dominante : à Voronet c’est le bleu. On l’appelle aussi « la perle de Bucovine ».

    Marie-Gabrielle Leblanc


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    La Naissance de Marie

     

     

     

    Le maître de la vie de Marie, dont le vrai nom est hélas inconnu, est un des plus séduisants des maîtres de Cologne inspirés par l'art flamant. Il peignit sur bois vers 1460 un grand retable sur la vie de la Vierge Marie pour l'église Sainte Ursule à Cologne.

     

    Si la Nativité de Jésus est toujours représentée dans une grotte ou une cabane, la naissance de Marie, et celle de Jean-Baptiste, se déroulent dans une chambre d'une maison. C'est l'évocation d'une naissance au Moyen-Âge : on présente la petite fille toute souriante, à sa mère sainte Anne, couchée dans un vaste lit à courtine du XVe siècle. La petite Marie est un gracieux nouveau né ; le peintre a voulu faire comprendre sa pureté et son immaculée conception. Elle n'a pas encore été baignée ni langée et vient de naître. Cette naissance va changer le cours de l'histoire du monde.

     

    Huit femmes, servantes, sage-femme, voisines, amies et parentes s'affairent autour du lit pour verser le bain, chercher du linge propre dans le coffre... L'une des femme tête de la main la température de l'eau du bain qui n'a pas encore été donné au bébé, un geste courant sur les peintures de l'époque. A cette époque les hommes sont exclus des accouchements.

     

    Ces détails narratifs sont en réalité des symboles théologique de ce moment capital de l'histoire du Salut, d'où les expressions recueillis des visages. Chaque détail est peint avec le plus grand réalisme, mais a aussi un sens caché allégorique.

     

    La jeune servante qui verse l'eau du bain de l'enfant est un symbole du sacrement du Baptême. Autre symbole du Baptême mais aussi de l'Eucharistie, l'aiguière en étain sur le buffet, qui peut contenir de l'eau ou du vin. La coupe posée à côté fait penser soit à la coupelle du baptême, soit à la patène à la messe. La boîte en copeaux oblongue, contenait au Moyen-Âge des remèdes. Et la naissance de la Mère de Dieu est bien le prélude de l'incarnation et de la Rédemption, remède apporté par Dieu au mal causé par le péché et la désobéissance. La beauté des visages, le dessin harmonieux, les couleurs employées : la somptuosité chatoyante des détails, font out le charme de ce peintre attachant.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     


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    Regard sur l'art chrétien...

     

    Le Couronnement de la Vierge

     

    Duccio di Buoninsegna

     

     

     

    Ce petit tableau est un fragment d'une pala (retable italien) du Couronnement, dont le reste, sauf découverte imprévisible, est probablement à jamais perdu.

     

    La liturgie de l'Assomption applique à Marie les versets du psalmiste : « La Reine s'est assise à sa droite en un vêtement d'or », « Il a posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses ».

     

    Le Christ, dont on ne voit que les bras, couronne sa mère d'une couronne royale d'or et de pierres précieuses. Le tableau est entièrement peint dans des tons d'or.

     

    Le thème du Couronnement de la Vierge fut créé au XIIe siècle par l'abbé Suger de Saint Denis, surnommé le père de l'art gothique. Il imagina cette scène pour un vitrail de Notre-Dame de Paris, le triomphe de la Vierge détruit à la révolution. Elle connut du XIIe au XIVe siècle un extraordinaire succès en France et en Italie, où elle fut apportée par le pape Innocent II, ami de Suger, après un séjour à Paris.

     

    Contrairement au modèle gothique où le Christ bénit sa Mère déjà couronnée, ici Il est en train de poser la couronne sur son front.

     

    Si le voile de la Vierge et ses mains croisées sur sa poitrine appartiennent à l'époque gothique, en revanche sa main montrant son Fils vient des icônes grecques de la Vierge Hodigitria.

     

    A côté de Giotto, Duccio paraît encore byzantin. Mais placé à côté d'une icône, la manière de Duccio est très occidentale et presque gothique, par l'humanisation déjà sensible du visage, les traits moins codifiés. Elle est libérée de la raideur graphique inhérente à l'art byzantin et, par sa douceur, par la souplesse de ses lignes, ouvre la voie à l'art médiéval occidental.

     


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    Demain le 7 octobre, c'est la fête de Notre-Dame du Rosaire

     

     

     

     

     

    En cette fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 octobre, cela nous remémore l'origine de chapelet ou rosaire, créé au Moyen-Âge par les dominicains. Les amoureux s'offraient alors, au mois de mai, des couronnes de roses appelées « chapels », ou chapeaux, de roses. Les dominicains pensèrent que le plus beau bouquet qui puisse plaire à la Vierge Marie est une couronne de prières, le rosaire ou chapelet – petit chapel.

     

    L'origine commune et la proximité des deux mots sont particulièrement perceptibles en flamand : « rozenhoed » - chapeau de roses – pour le « chapel » des amants, rozenkrans – couronne de roses pour le rosaire et le chapelet, beaucoup plus qu'en français où l'on ne peut deviner qu'ils ont la même étymologie.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'Offrande à La Vierge, a été peinte en 1842 par Simon Saint-Jean.

     

    Peintre méconnu, mais très apprécié au XIXe siècle, il s'inscrit dans une tradition très ancienne et spirituelle.

     

     

     

    Lyonnais, fils d'humble artisan, orphelin très jeun, Simon Saint-Jean (1808-1860) étudia aux Beaux-Arts de Lyon et ne dut son succès qu'à son mérite. Critiqué par Baudelaire qui traite assez méchamment ses œuvres de « tableaux de salle à manger », il a néanmoins réalisé plusieurs ouvres de valeur comme celle-ci.

     

    Il fait partie du courant des « peintres lyonnais » du XIXe siècle avec son aîné Victor Orsel et ses contemporains Hippolyte Flandrin et Louis Jammot. Un autre peintre de fleurs de grand talent, Antoine Berjon travailla aussi à Lyon, mais sans connotation religieuse – un de ses tableaux très célèbre est au Louvre.

     

    Le peintre s'est inspiré des grands peintres flamands de fleurs au XVIIe siècle tels que Jan Brueghel de velours ou Daniel Deghers. Ce sont eux qui eurent l'idée de peindre une guirlande de fleurs réaliste, presque en trompe-l'œil, soit d'un petit tableau religieux, soit d'une sculpture, comme si un fidèle avait orné de fleurs la statue de la Vierge ou du saint.

     

    Ici, c'est une gracieuse statue en pierre de la Vierge du XIIIe ou du XIVe siècle, dans une niche gothique, que le peintre a imaginé, couronnée et le sceptre à la main comme les Vierges de cette époque.

     

    Les fleurs savamment agencées en couronne sont des roses, des tulipes, pavots, liserons, violettes...

     

    La palette en est beaucoup moins variée qu'au XVIIe siècle où des fleurs de toutes saisons formaient la couronne, chacune avec sa symbolique propre. Ici les roses, fleurs bien-aimée de la peinture du XIXe siècle, spécialement les roses jaunes que Saint-Jean appréciait particulièrement, et les pavots, pittoresques et décoratifs, dominent.

     

    La rose est l'allégorie de l'amour de la Vierge pour son Fils et pour les hommes ; le pavot, qui évoque le sommeil et donc la mort du Christ, rappelle par sa couleur le sang versé du Christ ; l'églantine, qui a beaucoup d'épines, évoque le sacrifice de la Vierge douloureuse, et la couronne d'épines ; le liseron est une métaphore des liens qui attachent le croyant à la Vierge et à son Fils.

     

    Ce tableau ravissant n'est pas sans rappeler ce très vieux cantique du mois de Marie et des premières communions, au charme naïf et suranné : « Prends ma couronne, je te la donne. »

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     


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