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    Le goût des mots...

    Préparation du pain.

     

    Avoir du pain sur la planche.

     « Avoir du travail devant soi »

     

    Le sens était différent jusqu’au début du XXe siècle.

    Autrefois, le pain représentait une part  très importante de la nourriture de la population. Il était fabriqué de telle sorte qu’il n’était pas rassis dès le lendemain. Aussi les paysans en fabriquaient pour la semaine et le rangeaient sur une planche fixée au plafond, ce qui leur permettait de manger du pain à peu près frais toute la semaine.

    Avoir du pain sur la planche, signifiait que l’on ne manquerait pas de nourriture et l’on n’était pas inquiet sur son avenir.

    Dans le dictionnaire Larousse : « Avoir du pain sur la planche », vient de la réponse d’un médecin, débordé de travail, qui répond alors qu’on lui demande de soigner d’autres malades : « j’ai Dupin sur la planche».

    On pense que le sens actuel, « avoir du travail », vient de ce Dupin-là !


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    Broyer du noir…

    « Avoir des idées noires »

     

     

     

    Le goût des mots...

    Pigments et peinture…

     

    Jusqu’à une époque assez récente, les artistes peintre broyaient leurs pigments en y ajoutant le liquide adéquat. La peinture en tube n’arrive sur le marché qu’au milieu du XIXe siècle.  Cette nouvelle technique permit aux impressionnistes de travailler en plein air, sur les motifs.

    Du sens concret de « broyer des pigments noirs », donc « du noir », la langue est passée  au sens figuré.

    Cette translation a sans doute été facilitée par le fait que l’association entre la tristesse et la couleur noire existait déjà (« avoir des idées noires »). L’origine de la « mélancolie » se rattache à cette noirceur puisque le mot vient du grec « melas » (noir), c’est « avoir le blues » (on change de couleur), « avoir le bourdon » ou « le cafard » ou encore « des bleus à l’âme »…

     


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    Le goût des mots...

    Pont consulaire romain au-dessus du Rubicon à Savignano.

    (image wikipédia)

     

    « Franchir le Rubicon » : prendre une décision cruciale à la suite de quoi il n’est plus possible de revenir en arrière ; commettre un acte risqué et irrévocable, un peu comme ceux qui : «brûle leurs vaisseaux ».

     

    Le Rubicon est un petit fleuve du nord de l’Italie qui se jette dans l’Adriatique. En droit  romain, il était interdit à un général  de franchir ce fleuve avec ses troupes sans autorisation du Sénat. Ce faisant, il se rapprochait  trop de Rome et constituait une menace. Nous sommes en 49 avant notre ère. Jules César, qui vient de pacifier la Gaule, arrive au bord du Rubicon. Durant son séjour hors de la capitale, il ne s’est pas contenter de diriger ses troupes. Depuis des années, il a chargé ses amis restés à Rome de préparer son accession au pouvoir. Il se trouve à un moment clé de sa vie.

    Le Rubicon franchi, deux hypothèses se présentent : soit le déshonneur et la mort, soit la victoire et l’accession au pouvoir suprême.

    Si l’on en croit Suétone et Plutarque, après avoir hésité, César aurait dit : « Alea jacta est ! » (le sort en est jeté)

    Nous ne sommes plus dans la conjoncture, il a traversé le fleuve avec ses légions.

    On connaît la suite !


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    Avoir une voix de stentor…

    (Parler d’une voix très forte)

     

     

     

    Le goût des mots...

    Homère

    Philippe-Laurent Roland (1812)

     

    Stentor était un crieur de l’armée grecque, originaire de Thrace qui fut brièvement décrit par Homère dans l’Illiade comme étant capable de crier aussi fort que cinquante hommes.

    Un don très utile lorsque les armées se battirent devant Troie, mais, comme cela arrive souvent dans la mythologie gréco/latine, Stentor se laissa griser par le succès et se compara avec Hermès le messager des Dieux de l’Olympe, avec lequel il se retrouva en conflit ouvert, ce dernier lui proposa une joute orale, qu’il perdit et fut mis à mort pour avoir eut l’audace de s’être comparé à l’un des immortels.

     

     

     

    Le goût des mots...

    Hermès Ingenui

    Copie romaine d’une statue grecque du Ve siècle avant J.C.

     

     

     

     

     

     


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    Le goût des mots...

    Jésus et la femme adultère

    Guercino (1621)

    (image wikipédia)

     

     

    Jeter la première pierre à quelqu’un, c’est lui adresser des reproches, le mettre en cause, l’attaquer, le condamner moralement. L’expression vient de la Bible où nous voyons une femme coupable d’adultère être amenée à Jésus pour subir conformément à la loi de Moïse, la lapidation. Les tenants de la  tradition veulent ainsi mettre Jésus à l’épreuve pour savoir ce qu’il choisira de la loi ou du pardon. Jésus voit le piège ; il trace un signe sur le sol puis déclare : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » (Jean, VIII, 5-11)

    Alors les Pharisiens se retirent et Jésus resté seul avec la femme, lui dit : «Je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. »

    Cette parabole, qui nous apprend aussi que la peine de mort s’effectuait alors par lapidation, montre le changement entre l’Ancien Testament et le nouvel enseignement.


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