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    Le goût des mots

     

     

     

    Une indifférence cynique

     

    « Une attitude blasée envers la vie et la société »

     

     

     

    Le cynisme...

    Diogène (1882)

     

    JohnWilliam Waterhouse

     

     

     

    Dans le monde antique, les cyniques étaient les membres d’une école de philosophie selon laquelle la bonne vie était menée en accord avec la nature, libre de conventions sociales ou de restrictions.

     

    Les cyniques (le nom venait du grec kuôn qui veut dire « chien ») démontraient souvent leur rejet des valeurs conventionnelles en faisant en public des choses considérées alors comme scandaleuses ils tenaient aussi des propos insultants aux passants.

     

    Le cynique le plus célèbre était le philosophe Diogène, qui dit-on vivait dans un tonneau sur la place du marche d’Athènes, où il scandalisait les habitants par son manque d’hygiène, et son langage grossier, il avait l’art de l’invective et des propos mordants.

     

    On l’aurait vu se promener à Athènes en plein jour avec une lampe allumée, disant : « Je cherche l’homme ! ».

     

    Cet homme qu’il cherchait, c’était celui théorisé par Platon, c’est-à-dire l’idéal humain, Diogène voulait réfuter son existence, car disait-il :   « il ne voyait que des hommes concrets ».

     

     

     

    Le cynisme...

    Je cherche l’homme !

     

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    Alexandre le Grand, qui passait par Athènes, voulut aller voir ce penseur scandaleux, et pourtant très admiré, il le trouva en train de prendre un bain de soleil.

     

    Et quand le roi tout-puissant lui demanda s’il y avait quelque chose qu’il puisse faire pour lui ? La réponse vint comme un coup de fouet : « Oui, arrête de me faire de l’ombre. »

     

     

    Le cynisme...

     

    La rencontre d’Alexandre le Grand et de Diogène

     

    Bas-relief de Puget (1689)

     

    (Images wikipédia)

     

     

     

    Dans l’usage moderne, le mot « cynique » a perdu sa composante idéologique et désigne simplement quelqu’un de négatif et qui rejette les valeurs communément admises.

     

     

     

    Encore une dérive de signification pour ce mot français, petit à petit, mais sûrement la déconstruction de la langue avance !

     

    Liviaaugustae

     

     

     

     

     

     

     


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    Idylle arcadienne

    « Vision idéaliste de la vie rurale, paradis campagnard »

     

     

     

    Le goût des mots...

    Et in Arcadia ego (1637-1638)

    Nicolas Poussin

     

    L’Arcadie était, et est toujours, une région montagneuse de la Grèce au centre du Péloponnèse. C’était un lieu retiré avec peu de villes importantes, peuplé principalement de bergers et de leurs troupeaux, et considéré, dans la mythologie grecque, comme la terre du dieu chèvre Pan et de ses farouches adeptes.

    Pour ses habitants, l’Arcadie n’avait sans doute rien de très séduisant. La vie rurale dans l’Antiquité était toujours très dure, et les contours déchiquetés des paysages arcadiens devaient être particulièrement impitoyables.

    Mais quand le poète romain Virgile voulut prendre un cadre pour une poésie pastorale romantique, il choisit l’Arcadie. En toile de fond de ses Eglogues (une collection de poèmes à propos de joyeux bergers conversant en rimes inspirées par l’amour), l’Arcadie entrait dans l’histoire une fois pour toutes.

    Au Moyen Âge et à la Renaissance, et même jusqu’à nos jour, l’Arcadie est resté cet endroit proverbial de félicité rurale imaginaire, objet de poèmes et d’œuvres innombrables.

    La plus célèbre est le tableau « Et in Arcadia ego» de Nicolas Poussin.

    Apparaissant comme un « memento mori » les mots du titre, gravés sur une tombe, pour rappeler au spectateur que « même en Arcadie, la mort existe ».

     

     

    Nombre de personnes aujourd’hui, partent à la campagne, pour retrouver, prétendent-ils, la vraie vie ! Façon écolo !

    Mais nombres d’entre eux, reviennent complètement déçus, puisque le « Paradis » n’existe pas sur terre !

    Liviaaugustae

     


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    Legoût des mots...

    L’Ecole d’Athènes

    (Fresque de Raphaël, Palais du Vatican 1509-1510)

     

     

    Une académie

    (Une institution dédiée à la connaissance ou à la culture)

     

    La première académie du monde fut fondée à Athènes, au début de Ve siècle av. J.C., par le philosophe Platon, sans doute le plus important des penseurs de la Grèce antique.

     

     

     

    Legoût des mots...

    L’Académie de Platon.

    Mosaïque romaine trouvée près de Pompéi.

     

    Elle débuta comme une simple association d’intellectuels partageant les mêmes idées et tira son nom de l’endroit où se tenaient les réunions, près du bosquet du héros antique Académos aux abords de la cité.

    Au sein de l’Académie, Platon enseigna aux jeunes aristocrates (parmi lesquels le philosophe Aristote) les arts de la philosophie, de la géométrie et des mathématiques. Même après la mort de Platon l’Académie continua d’être un centre d’apprentissage et de développement des idées qui deviendront le fondement de la philosophie occidentale et qui auront une influence sur l’évolution de l’idéologie chrétienne des centaines d’années plus tard.

    En français, le mot « académique » a fini par signifier « démodé », « obscur » ou « convenu ».

    C’est une lecture terriblement injuste par rapport aux académiciens originaux, dont la philosophie constitue le cœur de la pensée occidentale

     

    (Images wikipédia)

     

    Quand on déconstruit une langue, que l’on change le sens des mots, on déconstruit un pays !

    Liviaaugustae

     


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    Une bacchanale

    (Désigne une fête sauvage où les règles ordinaires ne s’appliquent plus.)

     

     

     

    Le goût des mots...

    Bacchanale de Jules Dalou.

    Jardin des serres d’Auteuil Paris.

     

    Bacchus, était le dieu du vin, du drame, de la nature et de la folie rituelle. Avec sa cohorte de ménades et de bacchantes, de satyres et de centaures, il parcourait la Grèce et l’Asie, semant le chaos partout où il allait en s’adonnant à de sauvages « orgies » -un mot que les Grecs anciens utilisaient pour désigner des rituels secrets plutôt que des excès sexuels que ce terme signifie aujourd’hui.

    Les bacchanales n’étaient pas pour autant des fêtes policées.

    Au XVIIe siècle, le mot « orgie » commence à prendre son sens moderne, quand les écrivains de l’époque, fantasmant sur la débauche des anciennes religions, l’emploient pour décrire des réjouissances particulièrement débridées.

     

     

     Cependant le dieu Bacchus, divinité romaine du vin, de la vigne, de la débauche et de la licence, ne joua pas un rôle important dans la religion romaine.

    Il fut vénéré surtout par un nombre restreint d’initiés qui se livraient au cours des mystères (les Bacchanales), à des orgies.

    Le sénat tenta de combattre les désordres que ces fêtes provoquaient.

     


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    Le goût des mots...

    Préparation du pain.

     

    Avoir du pain sur la planche.

     « Avoir du travail devant soi »

     

    Le sens était différent jusqu’au début du XXe siècle.

    Autrefois, le pain représentait une part  très importante de la nourriture de la population. Il était fabriqué de telle sorte qu’il n’était pas rassis dès le lendemain. Aussi les paysans en fabriquaient pour la semaine et le rangeaient sur une planche fixée au plafond, ce qui leur permettait de manger du pain à peu près frais toute la semaine.

    Avoir du pain sur la planche, signifiait que l’on ne manquerait pas de nourriture et l’on n’était pas inquiet sur son avenir.

    Dans le dictionnaire Larousse : « Avoir du pain sur la planche », vient de la réponse d’un médecin, débordé de travail, qui répond alors qu’on lui demande de soigner d’autres malades : « j’ai Dupin sur la planche».

    On pense que le sens actuel, « avoir du travail », vient de ce Dupin-là !


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