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    Broyer du noir…

    « Avoir des idées noires »

     

     

     

    Le goût des mots...

    Pigments et peinture…

     

    Jusqu’à une époque assez récente, les artistes peintre broyaient leurs pigments en y ajoutant le liquide adéquat. La peinture en tube n’arrive sur le marché qu’au milieu du XIXe siècle.  Cette nouvelle technique permit aux impressionnistes de travailler en plein air, sur les motifs.

    Du sens concret de « broyer des pigments noirs », donc « du noir », la langue est passée  au sens figuré.

    Cette translation a sans doute été facilitée par le fait que l’association entre la tristesse et la couleur noire existait déjà (« avoir des idées noires »). L’origine de la « mélancolie » se rattache à cette noirceur puisque le mot vient du grec « melas » (noir), c’est « avoir le blues » (on change de couleur), « avoir le bourdon » ou « le cafard » ou encore « des bleus à l’âme »…

     


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    Le goût des mots...

    Pont consulaire romain au-dessus du Rubicon à Savignano.

    (image wikipédia)

     

    « Franchir le Rubicon » : prendre une décision cruciale à la suite de quoi il n’est plus possible de revenir en arrière ; commettre un acte risqué et irrévocable, un peu comme ceux qui : «brûle leurs vaisseaux ».

     

    Le Rubicon est un petit fleuve du nord de l’Italie qui se jette dans l’Adriatique. En droit  romain, il était interdit à un général  de franchir ce fleuve avec ses troupes sans autorisation du Sénat. Ce faisant, il se rapprochait  trop de Rome et constituait une menace. Nous sommes en 49 avant notre ère. Jules César, qui vient de pacifier la Gaule, arrive au bord du Rubicon. Durant son séjour hors de la capitale, il ne s’est pas contenter de diriger ses troupes. Depuis des années, il a chargé ses amis restés à Rome de préparer son accession au pouvoir. Il se trouve à un moment clé de sa vie.

    Le Rubicon franchi, deux hypothèses se présentent : soit le déshonneur et la mort, soit la victoire et l’accession au pouvoir suprême.

    Si l’on en croit Suétone et Plutarque, après avoir hésité, César aurait dit : « Alea jacta est ! » (le sort en est jeté)

    Nous ne sommes plus dans la conjoncture, il a traversé le fleuve avec ses légions.

    On connaît la suite !


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    Avoir une voix de stentor…

    (Parler d’une voix très forte)

     

     

     

    Le goût des mots...

    Homère

    Philippe-Laurent Roland (1812)

     

    Stentor était un crieur de l’armée grecque, originaire de Thrace qui fut brièvement décrit par Homère dans l’Illiade comme étant capable de crier aussi fort que cinquante hommes.

    Un don très utile lorsque les armées se battirent devant Troie, mais, comme cela arrive souvent dans la mythologie gréco/latine, Stentor se laissa griser par le succès et se compara avec Hermès le messager des Dieux de l’Olympe, avec lequel il se retrouva en conflit ouvert, ce dernier lui proposa une joute orale, qu’il perdit et fut mis à mort pour avoir eut l’audace de s’être comparé à l’un des immortels.

     

     

     

    Le goût des mots...

    Hermès Ingenui

    Copie romaine d’une statue grecque du Ve siècle avant J.C.

     

     

     

     

     

     


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    Le goût des mots...

    Jésus et la femme adultère

    Guercino (1621)

    (image wikipédia)

     

     

    Jeter la première pierre à quelqu’un, c’est lui adresser des reproches, le mettre en cause, l’attaquer, le condamner moralement. L’expression vient de la Bible où nous voyons une femme coupable d’adultère être amenée à Jésus pour subir conformément à la loi de Moïse, la lapidation. Les tenants de la  tradition veulent ainsi mettre Jésus à l’épreuve pour savoir ce qu’il choisira de la loi ou du pardon. Jésus voit le piège ; il trace un signe sur le sol puis déclare : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » (Jean, VIII, 5-11)

    Alors les Pharisiens se retirent et Jésus resté seul avec la femme, lui dit : «Je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. »

    Cette parabole, qui nous apprend aussi que la peine de mort s’effectuait alors par lapidation, montre le changement entre l’Ancien Testament et le nouvel enseignement.


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    Politique de la terre brûlée

    (Tactique de Fabius)

     

    « Une stratégie de temporisation ou d’évitement de la confrontation »

     

    Qiuntus Fabius Maximus Verrucosus était un général romain (surnommé Cunctator) qui connut la célébrité et la gloire par la méthode peu orthodoxe d’éviter le combat.

    L’homme qu’il refusa de combattre était Hannibal, un général carthaginois qui fut l’un des pires ennemis que Rome n’est jamais eu.

     

     

     

    Le goût des mots...

    Buste d’Hannibal

     (image wikipédia)

     

    Hannibal avait juré à son père de détester les romains pour toujours, et, en 218 av. J.C., il tint sa promesse, menant une armée de cinquante mille fantassins, neuf mille cavaliers et trente sept éléphants, il traversa les Alpes vers l’Italie.

     

     

     

    Le goût des mots...

    Hannibal et ses hommes traversant les Alpes avec des éléphants

    (Image wikipédia)

     

    Les années suivantes Hannibal obtint une série d’étonnantes victoires, culminant lors de la bataille de Cannes, durant laquelle les Carthaginois encerclèrent les romains et les massacrèrent.

    Cinquante mille romain furent tués – un nombre impressionnant que l’on ne reverrait plus en Europe avant la bataille de la Somme en 1916.

    Pour faire face à ce général, Fabius mit au point une stratégie très peu romaine mais très efficace.


    Il suivit Hannibal à distance, bloquant son approvisionnement et harassant ses éclaireurs, mais ne permettant jamais aux carthaginois de l’affronter dans une bataille frontale. Après quinze ans passés en Italie, et avec les perspectives de victoires s’éloignant de plus en plus, Hannibal fut rappelé pour assurer la défense de son pays.

    Fabius avait vaincu le plus grand général de l’Antiquité en refusant simplement le combat.

     

     


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