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    Il pleut ! Il pleut, depuis des jours déjà, aujourd'hui une pluie d'orage en grosses gouttes pleurent sur les vitres, sous un ciel uniformément gris.

     

    L'orage était en juin pour Christian Bobin, c'est en mai pour nous.

     

    Je fait ce qu'il conseille, je prends un livre, mais pas au hasard, je choisi ma lecture, je n'aime pas les aléas du hasard...

     

    Je vous offre ci-dessous le hasard de Christian Bobin, un jour d'orage en juin...

     

    Liviaaugustae

     

     

     

    Un jour d'orage...v

    Pluie d'orage...

     

     

     

     

     

    Une de ces journées de juin, fantasque : le bleu du ciel vire au noir, l'air tremble d'un orage à venir. Vous allez chercher la fraîcheur dans un livre. Le premier venu fait l'affaire : un recueil des pièces de Racine. De cet écrivain vous ne savez rien, que des leçons d'enfance. Les étangs d'un sommeil, les serpents d'une phrase. Les chemins lumineux d'un amour. Son silence, surtout. Cet arrêt soudain de l'écriture, au sommet d'une gloire. Ce renoncement soudain aux faveurs, ce superbe retrait dans on ne sait quoi, pour on ne sait qui. Ce silence qui n'a plus besoin de mots pour se dire : l'adieu au monde obscur, aux hommes déserts. Vous ouvrez au hasard. Vous prenez la lumière dans son midi, la lecture dans son profond, dans sa flamme la plus noire, dans sa fleur la plus coupante : Iphigénie. L'histoire est faite de replis, de détours et de beaucoup d'hésitations. L'histoire est comme une étoffe pliée en huit. En avançant dans la lecture vous la dépliez, toujours plus grande, toujours plus lumineuse sous vos yeux. […]

     

     

     

    Extrait de : Une petite robe de fête

     

     

     

    Christian Bobin

     

     


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    Depuis l'été dernier, il y a une controverse sur une certaine mode, et de nombreuses personnalités ont conseillé la de boycoter...

     

    Pourquoi ?

     

    Les « créateurs » de la haute couture, veulent nous « voiler » et nous envelopper de la tête aux pieds !

     

    On peut comprendre la réaction des femmes occidentales, qui s'habillent de nos jours d'un rien ou d'un mouchoir de poche !

     

    Cependant, je ne suis pas non plus adepte du déshabillage (comme on peut le voir sur les marches de Cannes), mais entre les sacs informes, et le à peu près nu, il y a une juste mesure.

     

    Une journaliste que j'apprécie, a fait un beau papier sur le sujet, que je vous livre ci-dessous.

     

     

    Liviaaugustae

     

     

     

     

     

    Il faut donc choisir entre ceci...

     

     

    Ala mode de chez nous...

    Allégorie de l'Aube

     

    William Bouguereau

     

     

     

     

     

     

     

    Et cela...

     

     

     

    Ala mode de chez nous...

    Boreas (1903)

     

    John William Waterhouse

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est à n'y plus rien comprendre. Jusqu'à maintenant, le rôle de la haute couture semblait assez simple. Nous présenter, par magazines féminins interposés, des mannequins faméliques arborant des tenues incroyables que personne ne peut porter : les jeunes parce qu'elles n'ont pas les moyens, et les autres parce qu'elles auraient l'air de quoi, et que de toutes façons aucune ne rentre dedans. Pas si grave : cela faisait rêver, et c'est pour cela que l'on aimait.

     

    Patatras ! Le monde de la mode serait-il en train de changer et se mêlerait-il de morale ?

     

    Et la mode « pudique » arrive sur les podiums. Celle qui planque les bras et les jambes et tout le reste...

     

    Evidemment, la morale n'a rien à voir avec cette laborieuse créativité de commande, les nouveaux créateurs ayant les yeux plus près de leur portefeuille que du Coran ou de l'écriture sainte.

     

    La pudeur ne leur est pas tombé dessus comme l'eau pur sur la blanche colombe. Ce qui compte, c'est de ne pas rater l'argent du pétrole du Golfe.

     

    Il n'y a pas que la haute couture : les sites vendant la « modest mode » pullulent sur internet, et se revendique musulmans, juifs ou chrétiens. Cela change de toutes ces photos où l'on voit vraiment bien le mannequin, mais où l'on se demande, : » Mais où est donc passé la chemise ? » Mais reconnaissons que l'uniformité des formes et des modèles respirent un peu l'ennui, la petite jeune étant quasi vouée à être habillée comme sa grand-mère, longueur réglementaire oblige.

     

    Fabriquer une « mode pudique », c'est oublier que les règles de la pudeur ne sont pas écrites sur le centimètre de la couturière, ou sur la ligne fatidique séparant le dessus du genou du dessous du genou. Faute de quoi la robe couvrante, mais « bling bling » à souhait, manquera singulièrement à la pudeur, celle qui veut que l'on prenne en compte le regard des autres.

     

    Car la pudeur ne consiste pas à déterminé plus ou moins arbitrairement ce qu'il convient de cacher ou non, mais en avoir une conscience aiguë de ce qui, en nous, relève de l'intime.

     

    Regarder, c'est toujours entrer et possiblement juger. Se soumettre au regard, c'est se soumettre au jugement de valeur. Ne pas montrer, quitte à enfreindre la mode, c'est alors manifester le prix que l'on accorde à ce que l'on garde pour soi. La pudeur suppose donc une éducation de regard : le nôtre, et celui de l'autre. Est-il besoin d'une mode pudique ? Non, car la pudeur n'habite pas dans la longueur d'un col ou d'une manche. Elle habite le cœur et guide alors les choix de façon décente, libre et sûre.[...]

     

     

     

    Jeanne Larghero

     

     

     


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    Le goût des mots...

     

    Statue de Jules César (d’après l’antique)

     

     

     

     

     

    Veni. Vidi. Vici.

     

    Je suis venu. J’ai vu. J’ai vaincu.

     

     

     

    C’est une expression d’autosatisfaction et d’autofélicitation prononcée après un succès.

     

     

     

    Si l’on en croit l’historien romain Suétone, ces mots ont été prononcés par le général romain Jules César pour annoncer sa victoire en 47 avant J.C. contre Pharnace II, roi du Pont, situé en Turquie contemporaine.

     

    Le roi pontique s’était rebellé contre l’autorité romaine et mit en déroute la petite armée romaine envoyée tout d’abord contre lui.

     

    Pharnace prit confiance en lui après cette modeste victoire, mais ce sentiment le quitta très rapidement lorsque Jules César et son armée atteignirent les territoires pontiques à une vitesse incroyable et renversèrent l’armée rebelle avec une grande facilité.

     

    Pour décrire sa victoire, Jules César annonça simplement : « Veni. Vidi. Vici. » (Je suis venu. J’ai Vu. J’ai vaincu.)

     


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    Le goût des mots

     

     

     

    Une indifférence cynique

     

    « Une attitude blasée envers la vie et la société »

     

     

     

    Le cynisme...

    Diogène (1882)

     

    JohnWilliam Waterhouse

     

     

     

    Dans le monde antique, les cyniques étaient les membres d’une école de philosophie selon laquelle la bonne vie était menée en accord avec la nature, libre de conventions sociales ou de restrictions.

     

    Les cyniques (le nom venait du grec kuôn qui veut dire « chien ») démontraient souvent leur rejet des valeurs conventionnelles en faisant en public des choses considérées alors comme scandaleuses ils tenaient aussi des propos insultants aux passants.

     

    Le cynique le plus célèbre était le philosophe Diogène, qui dit-on vivait dans un tonneau sur la place du marche d’Athènes, où il scandalisait les habitants par son manque d’hygiène, et son langage grossier, il avait l’art de l’invective et des propos mordants.

     

    On l’aurait vu se promener à Athènes en plein jour avec une lampe allumée, disant : « Je cherche l’homme ! ».

     

    Cet homme qu’il cherchait, c’était celui théorisé par Platon, c’est-à-dire l’idéal humain, Diogène voulait réfuter son existence, car disait-il :   « il ne voyait que des hommes concrets ».

     

     

     

    Le cynisme...

    Je cherche l’homme !

     

    .

     

    Alexandre le Grand, qui passait par Athènes, voulut aller voir ce penseur scandaleux, et pourtant très admiré, il le trouva en train de prendre un bain de soleil.

     

    Et quand le roi tout-puissant lui demanda s’il y avait quelque chose qu’il puisse faire pour lui ? La réponse vint comme un coup de fouet : « Oui, arrête de me faire de l’ombre. »

     

     

    Le cynisme...

     

    La rencontre d’Alexandre le Grand et de Diogène

     

    Bas-relief de Puget (1689)

     

    (Images wikipédia)

     

     

     

    Dans l’usage moderne, le mot « cynique » a perdu sa composante idéologique et désigne simplement quelqu’un de négatif et qui rejette les valeurs communément admises.

     

     

     

    Encore une dérive de signification pour ce mot français, petit à petit, mais sûrement la déconstruction de la langue avance !

     

    Liviaaugustae

     

     

     

     

     

     

     


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    Idylle arcadienne

    « Vision idéaliste de la vie rurale, paradis campagnard »

     

     

     

    Le goût des mots...

    Et in Arcadia ego (1637-1638)

    Nicolas Poussin

     

    L’Arcadie était, et est toujours, une région montagneuse de la Grèce au centre du Péloponnèse. C’était un lieu retiré avec peu de villes importantes, peuplé principalement de bergers et de leurs troupeaux, et considéré, dans la mythologie grecque, comme la terre du dieu chèvre Pan et de ses farouches adeptes.

    Pour ses habitants, l’Arcadie n’avait sans doute rien de très séduisant. La vie rurale dans l’Antiquité était toujours très dure, et les contours déchiquetés des paysages arcadiens devaient être particulièrement impitoyables.

    Mais quand le poète romain Virgile voulut prendre un cadre pour une poésie pastorale romantique, il choisit l’Arcadie. En toile de fond de ses Eglogues (une collection de poèmes à propos de joyeux bergers conversant en rimes inspirées par l’amour), l’Arcadie entrait dans l’histoire une fois pour toutes.

    Au Moyen Âge et à la Renaissance, et même jusqu’à nos jour, l’Arcadie est resté cet endroit proverbial de félicité rurale imaginaire, objet de poèmes et d’œuvres innombrables.

    La plus célèbre est le tableau « Et in Arcadia ego» de Nicolas Poussin.

    Apparaissant comme un « memento mori » les mots du titre, gravés sur une tombe, pour rappeler au spectateur que « même en Arcadie, la mort existe ».

     

     

    Nombre de personnes aujourd’hui, partent à la campagne, pour retrouver, prétendent-ils, la vraie vie ! Façon écolo !

    Mais nombres d’entre eux, reviennent complètement déçus, puisque le « Paradis » n’existe pas sur terre !

    Liviaaugustae

     


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