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    Politique de la terre brûlée

    (Tactique de Fabius)

     

    « Une stratégie de temporisation ou d’évitement de la confrontation »

     

    Qiuntus Fabius Maximus Verrucosus était un général romain (surnommé Cunctator) qui connut la célébrité et la gloire par la méthode peu orthodoxe d’éviter le combat.

    L’homme qu’il refusa de combattre était Hannibal, un général carthaginois qui fut l’un des pires ennemis que Rome n’est jamais eu.

     

     

     

    Le goût des mots...

    Buste d’Hannibal

     (image wikipédia)

     

    Hannibal avait juré à son père de détester les romains pour toujours, et, en 218 av. J.C., il tint sa promesse, menant une armée de cinquante mille fantassins, neuf mille cavaliers et trente sept éléphants, il traversa les Alpes vers l’Italie.

     

     

     

    Le goût des mots...

    Hannibal et ses hommes traversant les Alpes avec des éléphants

    (Image wikipédia)

     

    Les années suivantes Hannibal obtint une série d’étonnantes victoires, culminant lors de la bataille de Cannes, durant laquelle les Carthaginois encerclèrent les romains et les massacrèrent.

    Cinquante mille romain furent tués – un nombre impressionnant que l’on ne reverrait plus en Europe avant la bataille de la Somme en 1916.

    Pour faire face à ce général, Fabius mit au point une stratégie très peu romaine mais très efficace.


    Il suivit Hannibal à distance, bloquant son approvisionnement et harassant ses éclaireurs, mais ne permettant jamais aux carthaginois de l’affronter dans une bataille frontale. Après quinze ans passés en Italie, et avec les perspectives de victoires s’éloignant de plus en plus, Hannibal fut rappelé pour assurer la défense de son pays.

    Fabius avait vaincu le plus grand général de l’Antiquité en refusant simplement le combat.

     

     


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    « L’espérance est un acte héroïque et désintéressé de l’âme dont les lâches ou les imbéciles ne sont nullement capables. C’est l’illusion qui leur tient lieu d’espérance. (…)

     Elle affaiblit le jugement. […]

    Il est en effet beaucoup moins facile de reconstruire un monde que de le détruire. »

    Georges Bernanos

     

     

     

    Bernanos retrouvé...

    Georges Bernanos vers 1940

     

    Georges Bernanos est un écrivain français, né le 20 février 1888 dans le 9e arrondissement de Paris et mort le 5 juillet 1948 à Neuilly-sur-Seine à l'âge de 60 ans.

    Georges Bernanos passe sa jeunesse en Artois et cette région du Nord constituera le décor de la plupart de ses romans. Il participe à la Première Guerre mondiale et est plusieurs fois blessé,  il mène une vie matérielle difficile et instable en s'essayant à la littérature. Il obtient le succès avec ses romans Sous le soleil de Satan en 1926 et Journal d'un curé de campagne en 1936.

    Dans ses œuvres, Georges Bernanos explore le combat spirituel du Bien et du Mal, en particulier à travers le personnage du prêtre catholique tendu vers le salut de l'âme de ses paroissiens perdus comme Mouchette.

    Il passe sa jeunesse à Fressin en Artois. Il fréquente le Collège Sainte-Marie, à Aire-sur-la-Lys. Cette région du Nord marquera profondément son enfance et son adolescence, et constituera le décor de la plupart de ses romans.

    Catholique fervent, monarchiste passionné, il milite très jeune dans les rangs de l'Action française en participant aux activités des Camelots du roi pendant ses études de lettres […]

    A la Libération, il continue de poursuivre une vie errante (Bernanos a déménagé une trentaine de fois dans sa vie) après la Libération.

    En 1941, son fils Yves rejoint les Forces françaises libres à Londres. Son autre fils, Michel, jugé trop jeune par le Comité de la France libre de Rio, partira l'année suivante. Il participera plus tard au débarquement de Normandie, tout comme son neveu Guy Hattu, second-maître au Commando Kieffer, qui prendra part à la prise de l'île de Walcheren en Hollande à la Toussaint 1944. 

    Le général de Gaulle, qui l'a invité à revenir en France (« Votre place est parmi nous », lui fait-il savoir dans un câble daté du 16 février 1945), veut lui donner une place au gouvernement. En dépit d'une profonde admiration pour le général, le romancier décline cette offre. De Gaulle confiera plus tard, à propos de Bernanos : « Celui-là, je ne suis jamais parvenu à l'attacher à mon char… »

    A son retour en France, Bernanos est, écœuré par l'épuration et l'opportunisme qui prévaut dans son pays. N'ayant pas l'échine souple, il reste en marge. Il voyage en Europe pour y faire une série de conférences, dans lesquelles il alerte ses auditeurs, et ses lecteurs, sur les dangers du monde de l'après-Yalta, de l'inconséquence de l'homme face aux progrès techniques effrénés qu'il ne pourra maîtriser, et des perversions du capitalisme industriel (voir La Liberté pour quoi faire ? et La France contre les robots, 1947).

    Georges Bernanos meurt d'un cancer du foie, en 1948, à l'Hôpital américain de Neuilly. Il est enterré au cimetière de Pellevoisin (Indre).

    Il laisse le manuscrit d'un dernier livre, paru de façon posthume : La France contre les robots.

     

    (Texte et image wikipédia)

     

     

    Contrairement à Henri Bataille dont je vous ai parlé hier, Bernanos est toujours « vivant », la Collection de La Pléiade consacre 2 volumes à ses œuvres romanesques, (dommage ! j’ai ses œuvres complètes, dans une petite collection)

    Et nous nous en réjouissons, c’est l’un de nos grands écrivains, qui n’a pas enterré.

    Liviaaugustae

     


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    « L’écriture est un voyage… »

    Emilio Salgari

     

     

    Soirs

    Il y a de grands soirs où les villages meurent
    Après que les pigeons soient rentrés se coucher.
    Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
    Et le cri bleu des hirondelles au clocher...
    Alors, pour les veiller, des lumières s'allument,
    Vieilles petites lumières de bonnes sœurs,
    Et des lanternes passent, là-bas dans la brume...
    Au loin le chemin gris chemine avec douceur...
    Les fleurs dans les jardins se sont pelotonnées,
    Pour écouter mourir leur village d'antan,
    Car elles savent que c'est là qu'elles sont nées...
    Puis les lumières s'éteignent, cependant
    Que les vieux murs habituels ont rendu l'âme,
    Tout doux, tout bonnement, comme de vieilles femmes.

    Henri Bataille

     

     

    Un mot sur le poète…

     

     

     

    Poète d'autrefois...

    Henri Bataille (1911)

     

    Achille Félix Henry Bataille est un dramaturge et poète français, né à Nîmes le 4 avril 1872 et mort le 2 mars 1922 à Rueil-Malmaison, dans sa propriété du « Vieux Phare ».

    Il naquit au sein d'une famille bourgeoise originaire de l'Aude. Il était très jeune quand il perdit ses parents et fut élevé par sa sœur et le mari de celle-ci, Ernest Blagé.

    Des dons réels conduisirent ses tuteurs à l'orienter vers des études artistiques (Beaux-Arts, Académie Julian), et Bataille pensa longtemps se tourner vers le dessin et la peinture.

    Il a d'ailleurs laissé un album de lithographies  Têtes et Pensées  (1901) qui contient les portraits de 22 célébrités littéraires du début du XXe siècle, dont Jules Renard, André Gide, Octave Mirbeau... Bataille illustra même certaines affiches de ses pièces.

    Henry Bataille eut un succès certain à son époque. Il partagea successivement la vie de ses deux principales interprètes au théâtre, l'actrice d'origine belge Berthe Bady, puis Yvonne de Bray qui fut sa compagne jusqu'à sa mort.

    Son œuvre, jouée dans tous les théâtres parisiens a aussi trouvé sa place à Broadway, et au cinéma : le dernier film de Douglas Fairbanks, réalisé par Alexandre Korda, La Vie privée de Don Juan est adapté de L'Homme à la rose d'Henry Bataille, sa pièce La Femme nue fut plusieurs fois adaptée à l'écran. Au théâtre, il eut les interprètes les plus populaires du moment: Réjane, Yvonne de Bray, Berthe Bady, Cécile Sorel.

    L'œuvre de Bataille, nostalgique, se veut une critique virulente des mœurs et de la morale figée des classes aisées de la France de l'avant-guerre.

    Louis Aragon fait d'Henry Bataille un des personnages de son roman Les Cloches de Bâle. Pour Aragon, le plus beau vers de la langue française, « J’ai marché sur la traîne immense de ta robe », est un vers d'Henry Bataille. Marcel Pagnol, dans son discours d'intronisation à l'Académie Française range H. Bataille dans les auteurs majeurs de son époque.

     

     

     

    Poète d'autrefois...

    Sa tombe à Moux aux pieds de la garrigue

     

    Ce n’est pas au cimetière de Moux que se trouve la sépulture d’Henri Bataille, mais à la périphérie du village, c’est une fontaine de marbre Renaissance sur laquelle se trouve une reproduction du Transi de René de Chalon réalisée par le sculpteur animalier François Pompon. Il est placé devant la crypte familiale, derrière un enclos où sont placés différents poèmes d Bataille.

    (Texte et images wikipédia)

     

     

    Encore un de nos grands poètes/dramaturge/écrivain tombés dans l’oubli !

    Qui se souvient encore d’Henri Bataille, hormis quelques  initiés ?

    Le temps a doucement, inexorablement, déposé un linceul sur son nom …

    Liviaaugustae

     

     

     


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    « Il faut être attentif à ne point changer l’esprit général d’une Nation »

    Montesquieu  (L’Esprit des Lois).

     

     

     

    Le goût des mots...

    Narcisse changé en fleur

    Nicolas-Bernard Lépicié (1771)

    Petit Trianon (Salon de Compagnie)

     

     

    Un narcissique :

    Est une personne exceptionnellement vaniteuse, qui s’apprécie énormément.

     

    Il existe de nombreuses versions de l’histoire de Narcisse, mais toutes les sources s’accordent à dire qu’il s’agissait d’un jeune homme d’une exceptionnelle beauté. Durant toute sa vie, les hommes et les femmes tombaient constamment amoureux de lui, mais  il rejetait dédaigneusement toutes leurs avances.

    Narcisse trouva l’amour lorsque, à la fin d’une chasse, il s’abreuva à une source dans la forêt et aperçut son propre reflet dans l’eau. Immédiatement, il fut captivé par la beauté qu’il voyait devant lui.

    Il avait trouvé quelqu’un qui méritait son amour. Narcisse lui fit signe et le jeune homme répondit. Narcisse se pencha pour l’embrasser, le jeune garçon s’approcha aussi. Mais lorsque leurs lèvres allaient se joindre, Narcisse se retrouva dans l’eau, et la belle image s’était évanouie.

    Narcisse épris et insatisfait, resta au bord de l’eau, regardant bêtement son reflet, jusqu’à ce que la faim et le froid aient raison de ses force.

    Les fleurs blanches découvertes sous son corps portent son nom.

     

     

    Le goût des mots...

    Narcisses des poètes

    (Narcissus Medioluteus)

    (Image wikipédia)

     

     

    C’est encore un exemple qui nous vient de nos ancêtres greco/romains…

    Sans ces deux langues qui sont « les matrices  de notre civilisation » la langue française qui y prend ses racines  n’existerait pas!

    Serait-ce une idée de destruction, qui anime le ministre de l’éducation nationale, en décidant d’abandonner le latin et le grec ?

    Et nous apprenons ces jours-ci, que la philo, serait elle aussi, menacée et remisée sur une voie de garage !

    L’enseignement en France est en grande détresse !

    L’Académie française est très inquiète.

    « En 1634, Jean Chapelain fut chargé d’établir les statuts de la futur Académie, il entendait pour cela « nettoyer la langue des impuretés de la chicane » ou des mauvais usages des courtisans ignorants » avec le projet « d’établir un usage de certains mots ». De ce travail de civilisation sont nées nos grandes œuvres classiques.

    Près de quatre siècles plus tard, les cuistres et les imbéciles du « milieu aquatique profond standardisé » -dans le texte du projet de réforme- ont tous les droits, dans un pays décervelé par les slogans d’une barbarie en marche. Il reste l’Académie française. Elle a mit les mots justes sur le naufrage en cours de l’enseignement ».

    Le  SOS de l’Académie appelle à un engagement de tous.

     

    « Un peuple sans littérature est un peuple muet »

    Miguel Delibes

    Liviaaugustae

     

     


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    Etes-vous : Disruptifs ?

     

    C’est un mot que j’ai découvert aujourd’hui au cours d’une lecture.

    Le mot  « Disruption », est un mot inventé de toutes pièces par le « prêt-à-penser ». On le conjugue allègrement, bien qu’il ne veuille rien dire !

    Cependant, il déconstruit un peu plus la langue française.

     

     

     

    Le goût des mots...

    Codex Ephraemi Rescriptus

    (Bibliothèque Nationale de Paris)

    (image wikipédia)

     

    Disruption…

    C’est le mot de la saison. Le talisman sémantique du moment. La collection 2015 du prêt-à-penser […]

    Qu’est-ce que la « disruption » ? Un terme issu du marketing désignant « l’innovation de rupture ». Le moteur du système capitaliste qui n’existe qu’en déclassant ce qui précède : de l’obsolescence des produits (nouveau yaourt, nouveau téléphone) qui écrase le précédent…

    Cette notion de marketing entend se muer en philosophie de l’action. La disruption est devenue une posture. Un mantra qui colonise jusqu’au discours politique. L’ENA, le Sénat, la Ve ? On veut « disrupter » à tout vent. Et pense-t-on mieux ? […]

    A l’idée de disruption, je préfère celle de *palimpseste, corps vivant d’une culture, manuscrit que nous recevons en partage. On s’inscrit modestement. La pensée a ceci de merveilleux, qu’une nouvelle pensée ne rend pas obsolète celle dont elle découle.

    Porter la disruption du terrain de l’objet à celui des institutions, de la pensée, c’est prendre ses convictions pour une légitimité.

    Les barbares qui détruisent à la hache les œuvres d’art du musée de Mossoul ne font pas autre chose !

    Céline LIS-RAOUX (Figaro Madame)

     

    *Palimpseste : «Parchemin dont la première écriture, grattée ou lavée, a fait place à un nouveau texte ».

     


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